12 août 2026
Trois bonnes suggestions de lecture

Dans le cadre de la Journée "J'achète un livre québécois", nous avons décidé d'inviter en ondes notre collègue Stéphanie qui lit beaucoup: environ une cinquantaine de livre par année. Voici d'ailleurs les trois suggestions dont elle nous a parlé.
Ordures (Journal d’un vidangeur). 144 pages. Simon Paré-Poupard
Une plongée dans un univers qu’on ne connaît pas mais qui est sous nos yeux à tous les jours : la vie de ceux qui ramassent nos poubelles! L’auteur est vidangeur ET détient un bacc en sociologie et une maîtrise en administration publique. Pendant ses études, il a pris cette job-là à temps partiel parce que c’était payant et physique. Sa 1ere journée a été brutale! Mais depuis, il ne peut plus s’en passer! Ca fait 20 ans qu’il continue à travailler comme vidangeur malgré le fait qu’il est devenu chroniqueur et journaliste.
Un tout petit livre hyper-intéressant et divertissant. Sa description de ses collègues de travail est fabuleuse : de la poésie rough. Vous allez découvrir une faune fascinante de marginaux d’une endurance physique qui jette à terre. Une lecture facile et originale, qui ouvre aussi toutes sortes de réflexions sur notre consommation et notre rapport à nos déchets et à ceux qui les ramassent. A lire en un claquement de doigts pour se redonner le goût de la lecture.
PRENDRE SON SOUFFLE. 150 pages. Geneviève Jannelle.
Un autre livre qui se lit facilement et rapidement. Et qui va ensuite vous habiter pendant des semaines. Anaïs tombe amoureuse d’Eden. Coup de foudre. Un beau jeune couple dans la vingtaine, super amoureux. Au début, Eden ne veut pas trop lui présenter sa famille. Puis, il finit par lui confier son terrible secret : il est atteint d’une maladie dégénérative effroyable et incurable. Les 3 enfants de la famille ont cette maladie génétique. Le plus vieux est mort à 39 ans. Sa sœur a développé les symptômes et se trouve à un stade très avancé de la maladie, incapable de bouger, manger ni même de parler. Eden, lui, n’a aucun symptôme pour le moment. Il ne sait pas à quel âge il va les développer, ni à quelle vitesse ça va avancer. Mais ça va arriver. Et pas à 70 ans.
Que fait-on quand on sait à l’avance ce qui nous attend avec notre nouvel amoureux ? On se sauve ? On reste ? Anaïs décide de rester. Le récit, c’est une lettre qu’elle rédige sur 15 ans. C’est bouleversant. On est plusieurs à l’avoir lu au bureau, le nombre de conversations que cette lecture a suscité autour de la machine à café!
La trilogie de la bête : La bête à sa mère, La bête et sa cage, Abattre la bête -David Goudreault
Ca, c’est du costaud, mais ça se lit comme un polar. L’écriture est vive, des phrases courtes, coupantes. Avec un humour noir qui nous déstabilise : comment peut-on éclater de rire en lisant des choses aussi trash? Le personnage principal est un jeune poqué de la vie qui a été balloté de famille d’accueil en famille d’accueil toute son enfance. Violent, déconnecté, souffrant, il cherche sa mère. Mais ce n’est pas un sadique qui prémédite ses coups, il est candide dans sa façon de voir les choses, de réinterpréter les lois. Il a une forme de lucidité savoureuse.
Toute la beauté de l’histoire c’est qu’on est enfermés dans sa tête à lui. On n’en sort jamais pour avoir la perspective de quelqu’un d’autre. Les trois livres sont écrits au ‘’je’’. On se retrouve donc à suivre sa logique délirante à lui. Et le plus fou : on s’attache à ce terrible personnage.
L’écriture est brillante! C’est entièrement en québécois, c’est cru, ça sacre. Mais vous allez lire les trois tomes sans pouvoir vous arrêter.

Les Retours
Les Retours - Suggestions de lecture en cette journée J'achète un livre québécois
Par Sylvie Goulet










