14 octobre 2026


Les Retours - Trois suggestions lectures pour ces temps gris

Les Retours - Trois suggestions lectures pour ces temps gris

STUPEUR ET TREMBLEMENTS — Amélie Nothomb (174 p.)

 

Amélie Nothomb a vécu au Japon pendant son enfance et en est restée fascinée. Adulte, elle y retourne avec un contrat d’un an comme traductrice dans une grande entreprise japonaise. Elle débarque là sur un nuage, son rêve… jusqu’à ce qu’elle découvre les codes ultra-rigides du monde du travail japonais, où la hiérarchie et la dévotion envers l’entreprise sont poussées à l’extrême. Avec ses réflexes occidentaux et sa volonté de bien faire, Amélie commet gaffe après gaffe. Elle se fait rétrograder, humilier, jusqu’à finir… dame-pipi! Responsable des toilettes de l’entreprise! Mais elle endure tout ceci avec un stoïcisme désarmant. C’est grinçant, c’est hilarant, et son écriture est tellement vive qu’on garde un petit sourire tout le long.

 

C’est un choc des cultures raconté avec beaucoup d’autodérision, qui se lit d’un trait. Si vous avez un ado à qui vous aimeriez donner le goût de lire, c’est une excellente porte d’entrée.

Un petit régal littéraire qui se dévore en quelques heures!

 

 

LA VERSION QUI N’INTÉRESSE PERSONNE — Emanuelle Pierrot (368 p.)

 

Une auteure québécoise, un premier roman et une maîtrise de l’écriture assez hallucinante. Attention, c’est cru!

Sacha part sur le pouce pour le Yukon avec son meilleur ami Tom. On se reconnaît dans cette quête de liberté à tout prix à cet âge-là.

Elle s’installe à Dawson City, une petite ville minière peuplée de marginaux nomades. Sexe, drogue, rock and roll, petits boulots, roadtrips et nuits blanches : elle vit sa best life avec sa chienne-louve Luna. Bref, on est du quartier Lebourgneuf! Et là, sans avertissement, ça dérape au milieu du livre. Sacha tombe amoureuse, Tom se sent trahi, les rumeurs s’emballent et la communauté se retourne violemment contre elle.

 

C’est tellement bien écrit que tu as l’impression de connaître Sacha personnellement.

Tu ne peux plus le déposer. C’est de la laideur sacrément bien écrite. Une plume essoufflante.

 

 

CHANGER L’EAU DES FLEURS — Valérie Perrin (600 p.)

 

Un remède contre la mélancolie d’octobre avec ce roman lumineux sur la résilience, très humain, très beau avec une intrigue captivante. Oui, il est un peu plus long, mais il ne faut pas se laisser impressionner par les 600 pages : l’écriture est super fluide, les chapitres sont courts, ça se lit tout seul.

 

Sylvie qui aime s’attacher aux personnages, au point de vivre un petit deuil à la fin d’un roman, tu t’y retrouveras! Valérie Perrin, c’est sa force.

Ici, on s’attache à Violette, gardienne de cimetière, qui cultive ses fleurs et offre un café aux gens qui viennent d’enterrer un proche. Elle a réussi à faire de cet endroit un lieu réconfortant. Peu à peu, on découvre le drame de son passé, qui a mené cette femme tellement gentille, tellement solaire, à vivre cette vie un peu particulière. Violette est tellement chouette que tu rêves de la connaître dans la vraie vie!

 

Et il y a un excellent suspense : un monsieur débarque au cimetière parce que sa mère a exigé que ses cendres soient déposées sur la tombe d’un parfait inconnu. C’est qui, cet homme? Quel lien avait-il avec sa mère? Violette va l’aider à mener l’enquête, et les secrets qui remontent à la surface nous entraînent dans une belle histoire d’amour cachée. À la fin, tous les morceaux du casse-tête se mettent en place.

 

Valérie Perrin, c’est une conteuse extraordinaire. Elle te fait passer par toute une gamme d’émotions et elle réussit à te faire aimer des personnages que t’as l’impression de connaître pour vrai. C’est un livre qui fait du bien, qui réchauffe le cœur. Un roman doudou, même en 600 pages!

 

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Les Retours

Les Retours - Trois suggestions lectures pour ces temps gris

14 octobre 2026
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Par Sylvie Goulet

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